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28 décembre 2008

Décès de Robert Saunal, Français libre de 1940, Compagnon de la Libération.

Classé sous ACTUALITE,DISPARITION,HOMMAGE — Vive la Résistance @ 9 h 00 min

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Robert Saunal

Robert Saunal, Français libre de 1940 et Compagnon de la Libération est décédé le 19 décembre 2008, à l’âge de 88 ans.
Né le 2 novembre 1920 à Saint-Flour (Cantal), Robert Saunal, admissible à l’Ecole normale supérieure, à Polytechnique et aux Ponts et Chaussées, rejoint, le 1er juillet 1940, à Londres les Forces françaises libres après avoir quitté la France, quelques jours plus tôt, à Saint-Jean-de-Luz sur le « Batory ». Son numéro de matricule est le 51680.
Il passe sa période d’instruction, comme élève officier d’artillerie, au camp de Delville (situé à Aldershot près de Londres) puis de Camberley (de septembre 1940 à mai 1941). Il est nommé Aspirant le 20 mai 1941.
Le 27 mai 1941, il embarque pour L’A.E.F. ; il effectue, pendant l’été, un stage de tir à la batterie de côte de Pointe Noire (Congo).
Robert Saunal est affecté, le 27 décembre 1941, comme officier orienteur, au 1er Régiment d’Artillerie à Damas, faisant partie de la Brigade Koenig, en instance de mouvement pour l’Egypte.
De janvier à juin 1942, il reçoit le baptême du feu lors de la Campagne de Libye, notamment à Halfaya, Tobrouk et Bir-Hakeim où il est grièvement blessé par un éclat d’obus qui lui traverse le genou, le 6 juin 1942. Fait prisonnier par les Allemands lors de la sortie de Bir-Hakeim, il est soigné dans les hôpitaux italiens puis conduit, fin février 1943, dans un camp de prisonniers dans la région de Pescara (Italie) sur l’Adriatique.
Le 12 septembre 1943, il parvient à s’évader et à se réfugier pendant plus de 80 jours dans les Abruzzes d’où il réussit à traverser les lignes allemandes et à se retrouver, le 4 décembre 1943, dans le secteur de la 8ème Armée britannique. Il rejoint ensuite Tunis et la 1ère D.F.L. commandée par le général Brosset. C’est naturellement qu’il retrouve le 1er Régiment d’Artillerie des F.F.L. où il est réaffecté à compter du 1er janvier 1944. Toute la Division prépare son départ pour la Campagne d’Italie.
Robert Saunal combat au Garigliano, à Pontecorvo, à Rome, à Montefiascone et à Radicofani en qualité d’officier de tir de la 7ème batterie. Il reçoit une citation à l’ordre du Corps expéditionnaire français en Italie pour s’être dépensé sans compter et avoir obtenu « le meilleur rendement de son personnel et de son matériel ».
Il débarque en France, le 16 août 1944, dans la baie de Cavalaire et prend part à la bataille de Toulon (du 18 au 26 août). C’est ensuite la course poursuite jusqu’aux Vosges puis la Campagne d’Alsace (janvier 1945). En février 1945, il est affecté au 2ème Groupe comme orienteur et Commandant de la batterie d’Etat-major du groupe.
Le 28 février, la 1ère D.F.L. est retirée du corps de bataille de la 1ère Armée et reçoit la mission de reconquérir les positions fortifiées des Alpes en progressant vers l’Italie.
La dernière bataille, celle du massif de l’Authion, est déclenchée le 10 avril. En moins de trois semaines, la D.F.L. a rempli sa mission : l’Authion est tombé, le front ennemi est rompu, les ennemis se replient.
Les combats de l’Authion ont fait 273 tués et près de 700 blessés dans les rangs de la D.F.L. En tout, depuis les premiers combats africains, la division, « noyau dur » des Forces françaises libres aura perdu plus de 4.000 hommes.

Robert Saunal reçoit la Croix de la Libération en février 1946 (décret du 17 novembre 1945) ; elle lui est remise par le général Legentilhomme alors Gouverneur militaire de Paris.

Diplômé de l’Ecole Polytechnique en 1947, puis de l’Ecole nationale supérieure des Mines de Paris, il entame une carrière d’ingénieur des Mines, puis travaille comme cadre supérieur dans la sidérurgie jusqu’à sa retraite en 1988.

Robert Saunal était Commandeur de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération, Croix de Guerre 39/45 (quatre citations), Médaille de la Résistance, Médaille des Evadés, Médaille Coloniale avec Agrafes « Libye – Bir-Hakeim ».

Dans le livre de témoignages intitulé : « Les Compagnons de la Libération – Résister à vingt ans » (par Henri Weill, éditions Privat) il évoquait les raisons de son engagement :
« Notre engagement reposait sur la conviction qu’il fallait poursuivre la lutte contre un ennemi qui était à l’opposé des valeurs fondamentales de notre pays. Les valeurs de liberté, de respect de la personne humaine et de ses droits, maintes fois bafouées par Hitler et ses vassaux, nous animaient d’une détermination sans faille […] Le choix de la liberté est rarement le choix de la facilité et le combat juste apparaît rarement gagné d’avance. L’Histoire, dans ses tragiques répétitions, nous prouve que ce combat est sans cesse à recommencer. »

« Vive la Résistance«  rend hommage à ce splendide combattant de la France Libre, engagé dès juin 1940 dans le refus de l’Armistice et la lutte contre le nazisme.

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L’insigne du 1er Régiment d’Artillerie, Compagnon de la Libération.

 

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