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28 août 2008

Décès de Guy Ducoloné.

Classé sous ACTUALITE,DISPARITION — Vive la Résistance @ 16 h 57 min

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Guy Ducoloné


Nous apprenons avec tristesse la disparition, à l’âge de 88 ans, de Guy Ducoloné, Président d’Honneur de l’Association Française Buchenwald-Dora et Kommandos.
Décédé le 25 août 2008, en ce jour si symbolique de l’anniversaire de la Libération de Paris, Guy Ducoloné était une grande figure du monde de la mémoire de la Résistance et de la Déportation.

Ouvrier métallurgiste, militant communiste dès l’âge de 16 ans, Guy Ducoloné refuse l’Occupation allemande et entre rapidement à la direction clandestine de la Jeunesse Communiste de Paris, chargé du recrutement pour l’O.S., l’organisation spéciale. Ces premiers groupes devaient en principe constituer une armée d’opposition à la SS.
Au sein du Front national pour l’indépendance de la France, le jeune résistant participe à plusieurs opérations contre des installations allemandes.

Il est arrêté le 1er mai 1942 et condamné à cinq ans de réclusion pour présomption d’activité communiste. Il reste deux ans dans les prisons françaises, passant par la Santé, Fresnes, Melun puis Châlons-sur-Marne.
Transféré au camp de Royallieu, à Compiègne, fin avril 1944, il est ensuite déporté à Buchenwald, le 12 mai 1944 (matricule 51018).
Aux côtés d’autres déportés Français tels que Marcel Paul et Pierre Sudreau, il participe à la mise en place du « Comité des intérêts français » qui regroupe les représentants de plusieurs organisations de Résistance.

Ce comité a notamment pour but de mettre sur pied une organisation de combat en vue de la libération du camp.
C’est ainsi qu’après le bombardement du 25 août 1944, où de nombreux déportés ont été tués dans l’usine d’armement où ils travaillaient, ils ont récupéré des armes qu’ils ont fait entrer dans le camp avec les cadavres des victimes.

L’action de cette Résistance interne fut très efficace : à la Libération, les SS n’ont pas pu détruire Buchenwald. Certains se sont enfuis, d’autres faits prisonniers et lorsque les Américains sont arrivés, le 11 avril 1945, ils ont trouvé le camp libéré par les détenus…

En 1946, il se marie avec Madeleine Vincent, ancienne déportée comme lui, militante et dirigeante nationale du Parti communiste.
Tout en poursuivant avec son épouse une vie militante passionnée, Guy Ducoloné a mené, après la guerre, une brillante carrière politique : conseiller municipal de sa ville d’Issy-les-Moulineaux durant quinze ans, conseiller général pendant trente-cinq ans, député vingt-quatre années durant dans sa circonscription de la Seine puis des Hauts-de-Seine, celle d’Issy-les-Moulineaux, Vanves, Malakoff de 1964 à 1988. Il fut élu deux fois vice-président de l’Assemblée nationale.

Très impliqué dans le devoir de mémoire, c’est inlassablement qu’il a défendu ses compagnons de Déportation et témoigné dans les écoles de ce qu’était l’horreur du nazisme et l’honneur de la Résistance.

Nous rendons hommage à cet homme exceptionnel, resté jusqu’au bout un combattant contre toutes les injustices et pour les mêmes valeurs qui lui avaient fait prendre les armes contre les nazis.

Vive la Résistance

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