Vive la Résistance

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29 juillet 2008

Inauguration d’une stèle à Chahains (Orne).

Classé sous CEREMONIE,Inauguration — Vive la Résistance @ 16 h 28 min

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Françoise Reg Hamelin, Maire de Chahains, et Irène Roullée dévoilent la stèle en compagnie de plusieurs enfants de la commune.


Dimanche 20 juillet 2008, la commune de Chahains et le Comité du Souvenir Français de Carrouges, préside par Jean-Pierre Godet, ont inauguré une stèle en mémoire de trois soldats de la 2ème D.B. tombés lors des combats de la libération en août 1944.

Il s’agit de :

Georges Carle, qui appartenait au 2ème R.M.T. (mort le 13 août 1944).
Armand Johier, qui appartenait au 1/40ème R.A.N.A. (mort le 14 août 1944).
Marcel Juy, qui appartenait au 12ème R.C.A. (mort le 14 août 1944).


Cette belle cérémonie s’est déroulée en présence d’Yvette Hagelstein, sœur de Georges Carles. De très nombreux habitants des environs s’étaient déplacés afin de marquer leur reconnaissance à ces trois soldats morts pour la France et la liberté.
Parmi l’assistance, nous avions également le plaisir de retrouver plusieurs Anciens de la 2ème D.B. : Jean Car, Pierre Dambry et Raymond Nicolay.

 

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11 juillet 2008

Hommage à Aimé Teisseire, Compagnon de la Libération et Ancien de la 2ème D.B.

Classé sous HOMMAGE — Vive la Résistance @ 17 h 05 min

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Aimé Teisseire (au centre) avec plusieurs Anciens de la 10ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad (photo prise le 6 octobre 2005).

Un grand soldat de Leclerc vient de disparaître, nous avons eu la tristesse d’apprendre le décès de notre ami Aimé Teisseire, à l’âge de 93 ans, le 28 juin 2008. Comme beaucoup de Français libres et d’Anciens de la 2ème D.B., Aimé Teisseire a connu un destin exceptionnel car celui qui fut d’abord refusé par l’armée à 18 ans (car trop maigre) a fini la guerre Compagnon de la Libération (plus haute distinction française de la Seconde Guerre mondiale).

Engagé dans l’infanterie coloniale depuis 1934, Aimé Teisseire participe à la Campagne de France de mai-juin 1940 au sein du 6ème Régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais ; il y reçoit une Citation, avec attribution de la Croix de Guerre avec palme, pour sa bravoure exceptionnelle au feu. Fait prisonnier le 22 juin, il parvient à s’évader, en sautant d’un camion en marche le 15 août 1940, et franchit la Ligne de démarcation. Réengagé pour un an en février 1941, il est désigné pour l’Afrique occidentale qu’il rejoint en septembre 1941.De Parakou (dans le Nord-Dahomey), il organise son évasion vers le Nigéria britannique le 18 décembre 1941. Se repérant avec une aiguille aimantée, il marche à travers la savane et arrive à Shaki. Un administrateur britannique l’emmène à Lagos où se trouve la mission française représentant le général de Gaulle. Il signe un engagement dans les Forces Françaises Libres le 28 décembre 1941 et demande à être affecté d’urgence au Tchad, ayant entendu parler d’opérations au Fezzan.

Aimé Teisseire arrive à Fort-Lamy le 14 janvier 1942 et rencontre le Colonel Ingold qui l’affecte à la 1ère Compagnie du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad. Contrairement à son espoir, la Compagnie ne part pas immédiatement au combat mais reçoit l’ordre de partir à Garoua (Nord-Cameroun). Il intègre le Bataillon de Marche N°8 qui devient par la suite le Bataillon de Marche du Tchad.
En 1943, il rejoint la Tripolitaine par le Tchad et le Fezzan (Fort-Lamy, Moussoro, Koro-Toro, Largeau, Zouar, Sebha) ; il arrive à Sabratha le 4 juillet 1943.
Après un séjour près de Djidjelli (Algérie), c’est le départ pour le Maroc où est créée la 2ème Division Blindée. Aimé Teisseire appartient à la 10ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad, commandée par le Capitaine Sarazac. Le Bataillon, sous le commandement du Chef de Bataillon Putz, est à Skirat. La Division doit partir pour la Grande-Bretagne, elle embarque le 20 mai 1944 et, après un grand crochet dans l’Atlantique, débarque à Glasgow (Ecosse) le 30 mai. La Compagnie rejoint Pocklington (Yorkshire) où elle cantonne ; elle débarque enfin sur le sol de France le 4 août 1944 à Saint-Martin-de-Varreville (Manche).
Le 12 août 1944, comme commandant de la 3ème Section de la 10ème Compagnie du Régiment de Marche du Tchad, Aimé Teisseire s’illustre brillamment dans le dispositif de tête qui attaque en forêt d’Ecouves, du Nord vers le Sud (célèbre bataille de la Division à « front renversé »). Après une soirée de combats acharnés contre la 9ème Panzer allemande autour du carrefour de la Croix de Médavy et sur la D26 allant vers Alençon, la section Teisseire réussit, le 13 août au matin, la jonction avec les Spahis qui remontent du Sud (Groupement Roumiantzoff). Pour ce brillant succès il reçoit une citation à l’ordre du Corps d’Armée.
Il est blessé par des éclats de mortier le 24 août aux abords de Paris. Evacué contre son gré, il se sauve de l’hôpital après une opération chirurgicale et rejoint son unité dans la capitale en auto-stop.

En septembre, il entre parmi les premiers à Andelot à la tête de sa section ; à Hourcourt, dans les Vosges, il culbute et poursuit l’ennemi ; le 18 septembre 1944, il participe à la reprise de Châtel-sur-Moselle et conquiert le quartier nord de Châtel jouant un rôle très important dans l’établissement de la tête de pont sur la Moselle.
Aimé Teisseire se distingue encore dans la région de Baccarat, à Bremenil en Meurthe-et-Moselle où, le 18 novembre, il est une nouvelle fois blessé par une balle qui lui traverse la mâchoire ; resté en ligne malgré sa blessure, il parvient même à faire prisonniers un groupe de six Allemands avant d’être transporté dans un hôpital américain où il reçoit… l’extrême-onction.
Il reprend le commandement de sa section en janvier 1945 et termine l’épopée en Allemagne jusqu’à Berchtesgaden.
Après la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1946, le Lieutenant Teisseire est désigné pour servir en Indochine. Comme Commandant de Compagnie au sein du Régiment Mixte du Cambodge, il reçoit trois Citations.
Il termine sa carrière militaire par des séjours à Madagascar, à la Réunion et au Cameroun.


Près de soixante ans plus tard, en 2004, Aimé Teisseire était revenu à Alençon. Au Mesnil Scelleur, il avait offert aux nombreux habitants présents un témoignage captivant sur le déroulement des combats dans notre région. Ce héros qui avait tant de décorations était un homme simple, cultivé, d’une grande finesse ; il ne manquait jamais de nous féliciter pour nos actions en direction des jeunes. Nous ne l’oublierons pas.

Aimé Teisseire était notamment :

-Grand Officier de la Légion d’Honneur
-Compagnon de la Libération – décret du 29 décembre 1944
-Médaille Militaire
-Croix de Guerre 39/45 (6 citations)
-Croix de Guerre des TOE (3 citations)
-Médaille des Blessés
-Médaille des Evadés
-Croix du Combattant
-Croix du Combattant Volontaire
-Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
-Médaille Coloniale avec agrafe « Extrême-Orient »
-Médaille Commémorative 39/45
-Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
-Médaille Commémorative des Opérations de Sécurité et du Maintien de l’Ordre en AFN
-Médaille Commémorative de la Campagne d’Indochine
-Chevalier de l’Ordre Royal du Cambodge
-Officier de l’Etoile Noire (Bénin)
-Officier de l’Etoile d’Anjouan
-Officier de l’Etoile de la Grande Comore
-Médaille de la Défense Nationale du Cambodge (avec citation)
-Presidential Unit Citation (USA)


« Aimé Teisseire » avait rédigé ses mémoires, en janvier 1994, dans un ouvrage intitulé « Mes Campagnes ». Nous en publions ci-après un extrait qui concerne la Campagne de Normandie.

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