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15 avril 2008

Charles Zajdé au collège Louise Michel le 11 avril 2008.

Classé sous HISTOIRE,TEMOIGNAGE — Vive la Résistance @ 13 h 00 min

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Vendredi 11 avril 2008, de 10 h à 12 h, nous avons eu le grand plaisir et l’honneur de recevoir Charles Zajdé à Alençon.


Venu apporter son témoignage aux élèves de deux classes de troisième, Charles Zajdé nous a fait vivre une superbe rencontre mêlant le récit de son parcours pendant la Seconde Guerre mondiale et son précieux message à la jeunesse d’aujourd’hui.

Né le 13 mai 1934 à Paris, Charles Zajdé n’a que huit ans lorsque, après avoir échappé de justesse à la rafle du Vél D’hiv avec sa mère et sa sœur, il est envoyé par l’intermédiaire d’un réseau de Résistance, en octobre 1942, dans la commune de Passais-la-Conception (Orne). Il est alors recueilli par la famille Richard chez qui, pendant près de deux ans, il vit protégé à l’écart des tourments de la guerre.
Son père, arrêté le 21 août 1941 par la police française, interné à Drancy puis déporté, a été exterminé dans le camp d’Auschwitz.

Devant des élèves captivés, Charles Zajdé a rappelé comment il avait vécu, avec son regard d’enfant, les lois antisémites de Vichy lorsqu’il était encore à Paris, et notamment l’obligation du port de l’étoile jaune. « Une fois qu’on m’a mis l’étoile, je suis arrivé à l’école et on m’a dit : tu es Juif toi ! Et moi je savais pas que j’étais Juif car on ne me l’avait pas dit ». De retour à la maison, il demande à sa maman de lui enlever cette étoile car « c’est n’est pas une décoration, c’est un truc de juif et moi je n’en veux pas car les gens me disent que j’ai tué le petit Jésus ! ». Pour le consoler sa maman décide alors de lui coudre l’étoile sur le bord de sa veste « de manière qu’en mettant le bras un peu en avant, on ne voie que le bord de l’étoile ainsi un peu cachée ».

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Durant son intervention, Charles Zajdé a tenu à rendre hommage aux habitants de Passais-la-Conception dont l’aide active de certains et le silence de tous ont permis de sauver plusieurs enfants Juifs pendant la guerre. Pour ces actes sublimes de Résistance, ses parents de substitution, Gustave et Lucienne Richard, ont été reconnus ensuite « Justes parmi les Nations ». C’est leur fille Madeleine, résistante elle aussi, qui a reçu la médaille des Justes au nom de la famille le 10 juin 1998.

Charles Zajdé a donné aux élèves une magnifique leçon de vie et d’espoir, preuve aussi que l’on peut se reconstruire après une enfance marquée par de terribles épreuves. Car la guerre terminée, le « petit Charles » a poursuivi de brillantes études : diplômé de SUPELEC et ingénieur docteur en physique des Hautes Énergies de la Faculté des Sciences de Paris. Chercheur, créateur d’entreprise, journaliste économique, il a reçu le prix de la recherche scientifique de l’UNESCO en 1983.
Charles Zajdé a vivement remercié l’Éducation Nationale pour son action essentielle et encouragé les élèves à profiter au maximum de cette chance d’être à l’école, de pouvoir apprendre avec des outils extraordinaires qu’étaient loin d’avoir les jeunes il y a 60 ans. En rappelant en outre : « Tout ce que vous avez, c’est vos parents, vos grands-parents, vos arrière-grands-parents qui ont travaillé très fort pour cela ».
Cette rencontre qui fut très riche, a comme d’habitude beaucoup marqué les élèves. Notre objectif de rendre hommage et d’enseigner a été une fois de plus atteint ce vendredi 11 avril, c’est certain.
Nous vous remercions à notre tour très chaleureusement Monsieur Zajdé.

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La couverture du livre de Charles Zajdé « En mémoire des Justes »

 

2 Réponses à “Charles Zajdé au collège Louise Michel le 11 avril 2008.”

  1. Cristina Walrand dit :

    Charles j’ai beaucoup aimé votre livre, très émouvant je l’ai terminé hier et vous lire me manque déjà. Je salue votre courage et votre reconnaissance envers les Justes. Bravo à ces hommes et femmes de l’ombre qui ont sauvé tant de gens et particulièrement des enfants de la folie antisémite.
    La vraie religion c’est s’aimer les uns les autres.
    Merci pour ce beau témoignage….

    Cristina

  2. betrader dit :

    très émouvant! continuez pour que la flamme de la résistance ne s’éteigne pas!

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