Vive la Résistance

22 avril 2008

27 avril 2008 : Journée nationale de la Déportation.

Classé sous CEREMONIE,HISTOIRE — Vive la Résistance @ 12 h 54 min

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Message commun des associations de déportés pour la Journée nationale du souvenir de la Déportation.

Dimanche 27 avril 2008

 

En cette Journée nationale de la Déportation, les rescapés des répressions et des persécutions nazies et les familles de disparus se félicitent de l’importance donnée à cette commémoration et rappellent la place particulière qu’elle occupe et doit continuer à occuper dans les célébrations nationales.

Il est nécessaire aujourd’hui de rappeler les épreuves subies par les dizaines de milliers de victimes des exactions qui furent infligées à ceux, hommes et femmes, qui s’étaient élevés contre la barbarie ou furent arbitrairement envoyés à la mort.

Il est nécessaire de rendre hommage aux armées alliées et aux forces de la Résistance intérieure et extérieure qui ont permis la victoire sur le nazisme.

Il est nécessaire que soient tirés les enseignements susceptibles d’éclairer l’avenir. Les nouvelles générations doivent avoir conscience de la valeur primordiale des principes que les nazis et leurs complices avaient foulé au pied. Elles doivent lutter sans relâche contre les violations des droits de la personne humaine.

Ils déplorent que, malgré d’incontestables progrès de la communauté internationale, le XXIe siècle compte encore de très nombreuses victimes d’oppressions.

Souvenons-nous ! Le regard qui prive l’autre de sa dignité et de sa liberté, avant de le priver de son droit à l’existence, est une réalité toujours prompte à resurgir.

C’est pourquoi, les survivants demandent aux générations montantes, instruites de ce qui fut et conscientes de ce qui est, d’avoir le courage et l’énergie de construire un monde meilleur.

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Fondation pour la Mémoire de la Déportation (F.M.D.)

Association des Déportées et Internées de la Résistance (A.D.I.R.)

Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance (F.N.D.I.R.)

Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (F.N.D.I.R.P.)

Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de disparus (U.N.A.D.I.F.)

Union Nationale des Déportés, Internés et Victimes de Guerre (U.N.D.I.V.G.)
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A Flers (département de l’Orne), la Journée nationale de la Déportation se déroulera selon le programme suivant :


10 h 00 :
Cimetière de Saint-Georges-des-Groseillers : tombe de Henri Véniard, hommage, dépôt de gerbe.

10 h 30 : Flers, stèle Paulette Duhalde : hommage, dépôt de gerbe.

10 h 45 : Cérémonie au monument aux morts : sonneries, montée des couleurs, message, dépôt de gerbe, minute de silence, Marseillaise, Chant des Partisans.

11 h 30 : Moulin du Château : hommage à Pierre Lemière devant la plaque de sa maison natale.

11 h 45 : Château, salle du souvenir de la Déportation : recueillement, dépôt de fleurs.

Hommage à Germaine Tillion.

Classé sous HOMMAGE — Vive la Résistance @ 11 h 47 min

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« Je pense, de toutes mes forces, que la justice et la vérité comptent plus que n’importe quel intérêt politique. » Germaine Tillion


La Grande résistante et ancienne déportée Germaine Tillion s’est éteinte le 19 avril 2008 dans sa 101ème année.
Née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire) dans une famille d’intellectuels catholiques, cette femme de combat aux multiples engagements avait tout d’abord été une pionnière de l’ethnologie dans les années trente. Dès 1934, elle part enquêter sur le terrain dans le massif montagneux des Aurès (Est algérien).
Dès son retour de mission en juin 1940, Germaine Tillion, révulsée par le discours du maréchal Pétain annonçant l’armistice, co-fonde le « Réseau du Musée de l’Homme », le tout premier mouvement de Résistance, avec des intellectuels et des universitaires, parmi lesquels Anatole Lewitsky et surtout Boris Vildé qui dirige le réseau avec Paul Hauet.
Dénoncée, elle est arrêtée en août 1942, détenue à Fresnes, puis déportée, en octobre 1943, sous le régime N.N. (Nacht und Nebel) à Ravensbrück (on lui attribue le numéro 24588). Sa mère Émilie, membre du même réseau, la rejoindra en février 1944 mais ne survivra pas.
C’est dans ce camp de concentration pour femmes qu’elle réussit à écrire une opérette cocasse sur l’enfer des prisonnières, pour distraire ses compagnes parmi lesquelles se trouvaient Geneviève de Gaulle et Anise Postel-Vinay. Archivé plus de soixante ans, « Le Verfügbar aux enfers » sera publié en 2005 et créé en juin 2007 au Théâtre du Châtelet à Paris.
De retour du camp, elle consacre plusieurs années à retracer l’histoire de la Résistance et des Françaises déportées (près de 8000 Françaises ont été déportées à Ravensbrück). Elle publie « A la recherche de la vérité » (1946) et « Ravensbrück » (1973).
Elle retourne dans les Aurès en 1954 alors que débutent les premiers combats de ce qui deviendra la guerre d’Algérie. Elle y enquête sur le sort des populations civiles et analyse les dysfonctionnements de la société coloniale. En 1957, elle dénonce publiquement les nombreuses tortures et exactions.
Après 1958, nommée directrice de recherches à l’École Pratique des Hautes Études (chaire du Maghreb), elle continue de se consacrer à l’enseignement et à la recherche sur le terrain. L’ethnologue publie en 1966 « Le Harem et les cousins », son livre majeur, un essai sur le mariage endogame des femmes au Maghreb.
En 1975, elle est chargée de présider la commission sur l’amélioration de la situation des femmes immigrées.
Retirée mais lucide, elle continue jusqu’en 2004 à accorder des entretiens à des journalistes et intellectuels qu’elle recevait chez-elle. Femme d’engagement contre toutes les formes d’injustice, elle assume également des responsabilités dans plusieurs organisations et mouvements au service des migrants, des minorités, des exclus en France et dans le monde.

Titulaire de la Grand’Croix de la Légion d’Honneur depuis 1999, Germaine Tillion était également Grand’Croix de l’Ordre National du Mérite, Croix de Guerre (1939-1945) ainsi que Médaille de la Résistance avec Rosette.

Nous rendons hommage à cette femme exceptionnelle, Résistante de la première heure, pionnière de l’ethnologie et grande humaniste, dont le parcours se confond avec l’histoire de France au 20ème siècle.

15 avril 2008

Charles Zajdé au collège Louise Michel le 11 avril 2008.

Classé sous HISTOIRE,TEMOIGNAGE — Vive la Résistance @ 13 h 00 min

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Vendredi 11 avril 2008, de 10 h à 12 h, nous avons eu le grand plaisir et l’honneur de recevoir Charles Zajdé à Alençon.


Venu apporter son témoignage aux élèves de deux classes de troisième, Charles Zajdé nous a fait vivre une superbe rencontre mêlant le récit de son parcours pendant la Seconde Guerre mondiale et son précieux message à la jeunesse d’aujourd’hui.

Né le 13 mai 1934 à Paris, Charles Zajdé n’a que huit ans lorsque, après avoir échappé de justesse à la rafle du Vél D’hiv avec sa mère et sa sœur, il est envoyé par l’intermédiaire d’un réseau de Résistance, en octobre 1942, dans la commune de Passais-la-Conception (Orne). Il est alors recueilli par la famille Richard chez qui, pendant près de deux ans, il vit protégé à l’écart des tourments de la guerre.
Son père, arrêté le 21 août 1941 par la police française, interné à Drancy puis déporté, a été exterminé dans le camp d’Auschwitz.

Devant des élèves captivés, Charles Zajdé a rappelé comment il avait vécu, avec son regard d’enfant, les lois antisémites de Vichy lorsqu’il était encore à Paris, et notamment l’obligation du port de l’étoile jaune. « Une fois qu’on m’a mis l’étoile, je suis arrivé à l’école et on m’a dit : tu es Juif toi ! Et moi je savais pas que j’étais Juif car on ne me l’avait pas dit ». De retour à la maison, il demande à sa maman de lui enlever cette étoile car « c’est n’est pas une décoration, c’est un truc de juif et moi je n’en veux pas car les gens me disent que j’ai tué le petit Jésus ! ». Pour le consoler sa maman décide alors de lui coudre l’étoile sur le bord de sa veste « de manière qu’en mettant le bras un peu en avant, on ne voie que le bord de l’étoile ainsi un peu cachée ».

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Durant son intervention, Charles Zajdé a tenu à rendre hommage aux habitants de Passais-la-Conception dont l’aide active de certains et le silence de tous ont permis de sauver plusieurs enfants Juifs pendant la guerre. Pour ces actes sublimes de Résistance, ses parents de substitution, Gustave et Lucienne Richard, ont été reconnus ensuite « Justes parmi les Nations ». C’est leur fille Madeleine, résistante elle aussi, qui a reçu la médaille des Justes au nom de la famille le 10 juin 1998.

Charles Zajdé a donné aux élèves une magnifique leçon de vie et d’espoir, preuve aussi que l’on peut se reconstruire après une enfance marquée par de terribles épreuves. Car la guerre terminée, le « petit Charles » a poursuivi de brillantes études : diplômé de SUPELEC et ingénieur docteur en physique des Hautes Énergies de la Faculté des Sciences de Paris. Chercheur, créateur d’entreprise, journaliste économique, il a reçu le prix de la recherche scientifique de l’UNESCO en 1983.
Charles Zajdé a vivement remercié l’Éducation Nationale pour son action essentielle et encouragé les élèves à profiter au maximum de cette chance d’être à l’école, de pouvoir apprendre avec des outils extraordinaires qu’étaient loin d’avoir les jeunes il y a 60 ans. En rappelant en outre : « Tout ce que vous avez, c’est vos parents, vos grands-parents, vos arrière-grands-parents qui ont travaillé très fort pour cela ».
Cette rencontre qui fut très riche, a comme d’habitude beaucoup marqué les élèves. Notre objectif de rendre hommage et d’enseigner a été une fois de plus atteint ce vendredi 11 avril, c’est certain.
Nous vous remercions à notre tour très chaleureusement Monsieur Zajdé.

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La couverture du livre de Charles Zajdé « En mémoire des Justes »

 

1 avril 2008

Dossier spécial Concours de la Résistance et de la Déportation 2008.

Classé sous CONCOURS,HISTOIRE,TEMOIGNAGE — Vive la Résistance @ 0 h 49 min

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Cliquez sur le bandeau ci-dessus pour télécharger « La Lettre – spéciale Concours – »

réalisée par la Fondation de la Résistance.

 

Le thème national 2008 du CNRD est : « L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la Seconde Guerre mondiale : une forme de résistance. »

 

« Prisonniers de guerre évadés, aviateurs alliés en fuite, résistants pourchassés ou souhaitant poursuivre le combat hors de métropole, étrangers réfugiés, juifs, tziganes, francs-maçons, réfractaires au STO, ont été aidés par de nombreux Français. Ces sauveteurs, qui ont souvent payé de leur vie des gestes essentiels de solidarité et d’humanité, venaient de tous les horizons, avec des motivations diverses, et n’appartenaient pas forcément à un mouvement ou un réseau organisé. Sans eux l’action de la Résistance aurait été impossible. Grâce aux témoignages que vous pourrez recueillir localement ou lire, vous présenterez les formes d’actions prises par cette résistance et vous analyserez les valeurs qui sous-tendent de tels actes. »

La date des épreuves est fixée au vendredi 21 mars 2008 pour les devoirs individuels (et au vendredi 28 mars 2008 pour la remise des travaux collectifs à l’Inspection académique).

Dans ce dossier, nous vous proposons quelques documents et témoignages en rapport avec le thème proposé par le jury.

Retrouvez ci-après le témoignage de Rachel Jaeglé, enfant cachée, venue témoigner à Alençon le jeudi 13 décembre lors de la « Journée de la Résistance. » Ce témoignage, qui a profondément touché les élèves, est également disponible dans l’ouvrage réalisé par le Comité « École de la rue Tlemcen » et intitulé « Se souvenir pour construire l’avenir, ils habitaient notre quartier… »

Pour accéder au témoignage, cliquez sur la photo ci dessous

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RÉSEAU D’ÉVASION BOURGOGNE :

 

Nous publions ci-après un extrait de l’ouvrage de Geneviève Le Berre intitulé « Une drôle de vie ». Elle y décrit notamment son rôle au sein du réseau d’évasion « Bourgogne », réseau de la France Libre crée et dirigé par Georges Broussine à partir de février 1943.
Geneviève Le Berre fait partie de ces volontaires déterminés qui vont former ce réseau chargé de convoyer vers l’Espagne les aviateurs alliés abattus en France et quelques évadés français. Le voyage en train de ces hommes accompagnés par les convoyeurs du réseau « Bourgogne », n’était pas sans risque, depuis le « Jardin des Plantes », lieu de rendez-vous avant la Gare d’Austerlitz. Trains bondés et surveillés, trajet plein d’embûches, bien inconfortable et interminable jusqu’à Pau ou Foix, ou bien encore jusqu’à Perpignan. Et puis, venait, par tous les temps, le dur passage des Pyrénées avec ses sentiers rocailleux, avant d’atteindre Andorre puis l’Espagne.
En moyenne pour rejoindre l’Angleterre par Gibraltar, sept à huit semaines. Quatre-vingt quinze pour cent des aviateurs alliés sortis sains et saufs de leur avion abattu réussiront à rejoindre l’Angleterre, malgré la traque des occupants et de leurs séides, grâce à tous ces femmes et hommes de bonne volonté formant « une immense chaîne de solidarité ».
Geneviève Le Berre, pseudo « Jacqueline », y est entrée le 1er septembre 1943 par l’intermédiaire de Yves Allain, pseudo « Grégoire ». Elle a été aussitôt spécialisée dans le convoyage des aviateurs alliés :
De Paris à Rivesaltes : un seul convoyage,
De Paris à Perpignan : jusqu’à Noël 1943,
De Paris à Pau : jusqu’à fin mai 1944.
En dehors des convoyages, Geneviève Le Berre a fait quelques liaisons à Lyon et dans le midi de la France, soit pour assurer des départs, soit pour transmettre des ordres ; quelques voyages également en Bretagne pour ramener sur Paris des parachutages ; enfin, des liaisons à Paris et en banlieue.

Pour accéder au témoignage, cliquez sur la photo

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Geneviève Le Berre (photo officielle de l’époque)

Les atterrissages secrets de la RAF en France durant la Seconde Guerre mondiale

Mission : transport aérien clandestin d’agents de renseignements ou de personnalités devant être déposés en France occupée ou ramenés en Angleterre dans le cadre de l’effort de guerre allié.

Il nous paraît important de citer dans ce dossier l’action des « escadrilles de l’ombre » qui effectuèrent, dans la plus grande clandestinité et au mépris des plus grands dangers, des vols spéciaux en France occupée. Chaque mission était un exploit dont le succès n’était rendu possible que par l’extraordinaire qualité technique et morale des aviateurs d’élite qui y prenaient part. Ce qu’ils ont réalisé, durant toute la période de la guerre, constitue un extraordinaire roman d’aventures.

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Des 220 atterrissages réussis, 124 ont eu lieu dans la seule année 1943. En cette année d’intense activité, 209 passagers furent conduits en France. 401 en revinrent. Les Dakota américains basés en Grande-Bretagne effectuèrent 20 missions en France en 1944 pour le compte du SOE. Ils amenèrent 62 passagers et en ramenèrent 108.
Pour ce qui concerne les pertes, il est surprenant qu’elles aient été aussi réduites : aucun Hudson et seulement 13 Lysander, 2 irrémédiablement embourbés, 4 écrasés à l’atterrissage en France (1 par erreur de pilotage, 1 par erreur à la réception au sol, 1 par suite d’une défaillance de moteur, et le quatrième, celui de John Nesbitt-Dufort, du fait du mauvais temps), 3 avions écrasés au retour en Grande-Bretagne, dont 2 par suite du brouillard, enfin 4 abattus en France. 7 des 13 pilotes accidentés furent récupérés, 6 seulement tués au cours des opérations de ramassage.
Un des risques les plus évidents à chaque passage des lignes de défense ennemies était celui de rencontrer les chasseurs de nuit.

Source : Hugh Verity « Nous atterrissions de nuit ».

Pour accéder à la suite de l’article, cliquez sur l’image ci-dessous

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Filières d’évasion et Résistance administrative dans l’Orne

 

L’aide aux pourchassés fut également efficace à Alençon et dans le département de l’Orne. Nous publions ci-après plusieurs extraits d’un article rédigé par Bernard Geneslé, ancien sécrétaire général des C.V.R. de l’Orne décédé en janvier 2004. Il y mentionnait notamment l’action des réseaux et celle de la Résistance administrative. Notre ami Bernard Geneslé était venu témoigner à de nombreuses reprises au collège Louise Michel.

Pour accéder à l’article, cliquez sur la photo

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