Vive la Résistance

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8 février 2007

Allocution de Serge Borochovitch à l’occasion du 66ème Anniversaire de la victoire de Koufra. Noyon le 15 mars 2007.

Classé sous CEREMONIE,HISTOIRE — Vive la Résistance @ 10 h 00 min

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NOYON

66ème Anniversaire de la Victoire de KOUFRA

Allocution de Serge Borochovitch

Merci mon Colonel de me donner la parole,

Messieurs les Officiers Généraux, Messieurs les Officiers, Messieurs les sous-officiers, caporaux et Marsouins du Régiment de Marche du Tchad.

Je préfère vous dire mes chers compagnons ; mes chers compagnons d’armes car il y a 66 ans j’étais au Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad et pour moi c’est aujourd’hui un grand anniversaire.

Afin de mieux situer la Victoire de Koufra dans l’historique de votre régiment, je vais évoquer quelques dates. Le 27 Août 1940 sous l’impulsion de Monsieur le Gouverneur Félix ÉBOUÉ et avec l’appui du Colonel Marchand les territoires du Tchad vont se rallier au Général de Gaulle et le Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad rejoint en entier les « Forces Françaises Libres ».

Le Colonel Leclerc est à la tête du Cameroun depuis le 26 août mais le 2 décembre 1940 le Général de Gaulle lui donne le commandement des territoires militaires du Tchad, donc du R.T.S.T. A la question du Colonel pourquoi le Tchad, la réponse fuse et de Gaulle montre Koufra, le Fezzan, la Tripolitaine, la Tunisie en disant : pour ça, pour ça et encore pour ça.

A son arrivée à Fort-Lamy Leclerc expose ses projets et à partir de ce moment grâce à son énergie hors du commun, ce qui semblait impossible va se réaliser. Le 18 décembre il est à Faya-Largeau, fixe l’objectif :KOUFRA. Et c’est à partir de cette base avancée située à 1000 Kms N-E de Fort-Lamy, qui sous son impulsion va devenir une ruche bourdonnante, que va se préparer l’opération.

En novembre et décembre 1940 il avait été prévu par le Colonel d’Ornano, en coopération avec nos alliés britanniques un raid sur l’oasis de Mourzouk au sud Fezzan. Les français ont constitué des dépôts d’essence au nord du Tibesti et un détachement du R.T.S.T. participera au raid (le Colonel d’Ornano, le Lt Eggenspiller, le Capitaine Massu et des Tirailleurs).

Le L.R.D.G. (Long Range Désert Group) est commandé par le Major Clayton.Janvier 41, le fort est attaqué, les avions au sol détruits, malheureusement le Colonel d’Ornano est mortellement atteint.De retour au Tchad, ce détachement anglais va participer à Koufra. Sur le plan technique, cette opération apportera beaucoup aux Français car nos alliés ont une meilleure connaissance de la guerre mécanisée dans le désert. A savoir navigation, orientation, navigation avec le compas solaire, et surtout un très bon équipement auto, en un mot du savoir faire en ce domaine.

Leclerc depuis deux mois pousse les préparatifs, essence, ravitaillement, reconnaissances aériennes et aussi patrouilles en territoire ennemi et inconnu.

Le 26 janvier la colonne qui va attaquer Koufra, situé à environ 1200 Kms, se met en route.

En clair cela veux dire qu’en deux mois, avec les moyens du bord, Leclerc a réussi à mettre en place un dispositif d’attaque pour affronter un ennemi solidement enterré appuyé par son aviation et une défense mobile constituée par la « Saharienne ».

Après de durs et sévères combats, surtout contre la Saharienne, par le colonel lui-même et les deux Pelotons des Capitaines Geoffroy et de Rennepont, après de nombreuses patrouilles offensives et un harcèlement continu du canon de 75 du Capitaine Ceccaldi, le fort capitule le 1er Mars 1941.

Le Colonel prononce son célèbre Serment.

Allocution de Serge Borochovitch (suite). Noyon le 15 mars 2007.

Classé sous CEREMONIE,HISTOIRE — Vive la Résistance @ 9 h 55 min

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Du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad au Régiment de Marche du Tchad.


Mars 1941, victoire de Koufra.

Retour des troupes à Faya-Largeau, formation des deux Compagnies de Découverte et de Combat. Ces unités considérées comme les troupes de choc sont conçues pour opérer des raids de 500 et 1000 Kms en profondeur à l’intérieur du territoire ennemi. Nous avons 400 litres d’essence et 200 litres d’eau par véhicule. Équipages de Cinq hommes : un Chauffeur, un gradé, et trois indigènes (dont un gradé). La formation de l’équipage est très importante, une voiture isolée devait pouvoir faire face !

Nous avons eu le Colonel Leclerc comme instructeur ! Très souvent manœuvres sous ses ordres directs. Et tout ira très vite, entraînement intensif, novembre 41 nous sommes prêts !

Les Anglais sont victorieux sur la côte et les deux D.C. montent à Zouar.Attente au Sud-Tibesti. Janvier 42, les anglais reculent Rommel, est victorieux !

Le Colonel Leclerc change ses plans, nous ferons un raid de destruction sur le sud Fezzan.

Nous allégeons les véhicules, silence radio, départ le 21 février 42 avec six détachements motorisés (environ cent véhicules) sur deux itinéraires longs de 800 et 1000 Kms, Ouest et Est. Six avions appuieront l’opération sur ordre, aucune reconnaissance, la surprise doit jouer à plein. Nous serons de retour le 20 mars après avoir détruit les forts italiens du Sud-Fezzan.

Nous avons pu tester notre matériel et nos capacités quant à l’attaque du Fezzan.

Remise en état des véhicules à notre Base de Faya-Largeau, et fin 1942 attaque générale : le R.T.S.T. va conquérir le Fezzan en trois semaines !Nous poussons vers le Nord, prenons Ghadamès le 28 janvier où le Général Leclerc viendra le 29 après avoir été à Tripoli voir le Général Montgomery.

Naissance de la « Force L ».

Bataille de Ksar–Rhilane le 10 mars : la victoire contre les troupes de Rommel avec une aide efficace de la Royal Air Force.La bataille de Tunisie, le Fadloum, l’attaque de nuit du Djebel Garci le 19 mars.

Bientôt la victoire totale et le magnifique défilé de Tunis où nos pauvres vieux camions ont été placés en tête des véhicules.

Leclerc a gagné la bataille de la logistique et a réussi presque l’impossible dans cette guerre du désert, du Cameroun, du Tchad à Tunis de 1940 à Mai 1943.

N’oublions pas de mentionner la haute et courageuse participation des Gradés et Tirailleurs Saras, qui ont été à nos cotés de magnifiques combattants. Sans eux, et je désire insister sur ce point, nous n’aurions jamais pu faire ce qui a été fait au Tchad, au Fezzan, en Tripolitaine, en Tunisie.

Le R.T.S.T. cède son nom au « Régiment de Marche de Tchad » et nous devons nous séparer de nos Gradés et Tirailleurs qui, après une permission bien méritée, vont rejoindre les Bataillons de Marche de la 1ère Division Française Libre et faire l’Italie et la Campagne de France avec la 1ère Armée.

C’est alors la constitution, au Maroc, de la Deuxième Division Blindée. Le R.M.T., qui a été renforcé par les Corps Francs d’Afrique, des évadés de France par l’Espagne et par de jeunes volontaires d’Afrique du Nord, en sera l’infanterie.

Après un entraînement intensif, la Division est transportée en Angleterre et débarque en Normandie. Cela sera la Bataille de France et nos victoires :

ALENÇON AOÛT 1944

PARIS AOÛT 1944

BACCARAT OCTOBRE 1944

STRASBOURG NOVEMBRE 1944


Et je termine comme j’ai commencé, mes chers Compagnons d’ARMES, je vous remercie.

Serge Borochovitch, Français libre de 1940, Ancien officier du R.T.S.T. et du Régiment de Marche du Tchad.

Concours de la Résistance et de la Déportation 2007.

Classé sous CONCOURS — Vive la Résistance @ 9 h 45 min

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Le thème du Concours 2007 « Le travail dans l’univers concentrationnaire nazi » traite de l’un des aspects les plus importants du phénomène de la Déportation.

L’observation d’une carte de la nébuleuse des camps de concentration et des Kommandos annexes permet déjà de mesurer l’ampleur spatiale de ce phénomène. De plus, il est aisé de constater que les récits du travail effectué dans ces camps sont omniprésents dans les témoignages des déportés.

Selon la conception raciale de l’idéologie national-socialiste, les déportés constituent une population de « sous-hommes » vouée à l’esclavage.

Erigés en système d’Etat, les camps de concentration (Konzentrationslager, KL) fournissent une main-d’œuvre bon marché et corvéable à merci aux nazis qui veulent sans cesse, la guerre totale proclamée à partir de 1942, en tirer plus de profit.

Car en effet le travail dans les camps de concentration a connu des phases différentes et les premières défaites allemandes en 1942 ont marqué une étape prépondérante en intensifiant l’exploitation des déportés alors mis directement au service de la machine de guerre nazie.

Priorité est accordée à l’économie, ces besoins en main-d’œuvre ont même influé sur le processus d’élimination des juifs d’Europe, mis en œuvre dans le cadre de la « solution finale » au début de 1942. Alors que tous étaient immédiatement envoyés dans les chambres à gaz, les détenus valides, hommes ou femmes, sont momentanément épargnés et affectés au travail.

Quelques chiffres pour illustrer cette intensification :

On trouvait 100 000 détenus dans le système concentrationnaire en janvier 1942, ils seront 203 000 en mai 1943, 525 000 en juillet 1944, 714 000 (dont 202 000 femmes) en janvier 1945.

Pour traiter ce sujet où l’aspect humain est primordial, les candidats sont invités à rencontrer les survivants afin de recueillir leurs témoignages. Ils nous seront une fois de plus très précieux.

L’univers concentrationnaire : des camps centraux autour desquels gravitent d’innombrables Kommandos de travail.

Classé sous CONCOURS — Vive la Résistance @ 8 h 50 min

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Les principaux camps de concentration et leur année d’ouverture :

Auschwitz (1940), Bergen Belsen (1944), Buchenwald (1937), Dachau (1933), Flossenbürg (1938), Gross Rosen (1941), Lublin-Maïdanek (1943), Mauthausen (1938), Dora-Mittelbau (1943), Natzweiler-Struthof (1941), Neuengamme (1940), Oranienburg (1933), Ravensbrück (1939), Sachsenhausen (1936), Stutthof (1941).Les principaux camps d’extermination : Auschwitz-Birkenau (1942), Belzec (1942), Chelmno (1941), Sobibor, Treblinka (1942).

Les Kommandos de travail : plus d’un millier de Kommandos de travail extérieurs ont été créés pour alimenter les carrières, les chantiers de construction d’usines souterraines, les usines établies loin des camps.Autour de chaque camp principal gravitent ainsi de nombreux Kommandos extérieurs : on en recense plus de 40 autour d’Auschwitz, plus de 50 à Mauthausen, 70 pour Buchenwald en 1944, où travaillent plus de 88000 détenus, plus de 100 pour Sachsenhausen. En 1944 Dachau compte 169 camps annexes et Kommandos.

Concours de la Résistance et de la Déportation 2007 – Dessin de Pierre Mania.

Classé sous CONCOURS — Vive la Résistance @ 8 h 45 min

Dessin de Pierre Mania, déporté à Buchenwald.

Titre : « A la carrière »

Date : janvier 1944

Ce dessin de Pierre Mania est exposé au musée de l’Ordre de la Libération.

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« Les martyrs ont été jusqu’au bout de la souffrance, nous leur devons d’aller jusqu’au bout de la vérité ».

 

GEORGES BERNANOS

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